L’origine et la portée du projet:

  • Qui n’a pas dit : Maman, raconte-moi une histoire ?

Ce projet est né de l’envie de conter des histoires, de ce désir simple de faire voyager les gens au travers des mots, de la musique, des émotions qui permettent de transformer n’importe quel lieu en « scène de théâtre » afin d’y partager un moment de vie.

  • A la lecture des textes de Maëva Ott, jeune auteur, j’ai voyagé, rêvé et me suis posée beaucoup de questions : Qui sont les gitans, manouches, roms et tsiganes en réalité ? D’où viennent-ils ?

En effet ces contes qu’elle m’offrait à lire parlaient de roms, de gitans, de tsiganes et je me suis aperçue que cette culture dont tout un chacun a dû entendre les violons, guitares, accordéons au détour d’une rue, m’était parfaitement inconnue. Pourtant en Alsace nous côtoyons cette population depuis de nombreuses années mais il me semble avec honnêteté que nous n’en avons que des idées vagues, de l’a priori ou préjugés.

  • Qui n’a pas eu peur pour les biens ou les personnes suite à l’arrivée de caravanes en ville ? Leurs traditions et modes de vie sont si différents des nôtres que la crainte qu’ils inspirent rend souvent difficile leur cohabitation avec la population sédentaire. Et même si des éléments objectifs prouvent que la délinquance des gens du voyage ne présente pas un taux différent de celui de la population sédentaire, des tensions peuvent naître de leur présence.

En mémoire aux troubadours qui contaient, chantaient, dansaient sur les chemins, nous allons transporter nos histoires, nos danses et nos chants dans des lieux non conventionnels tels qu’un magasin de jouet, des prisons, des foyers d’hébergement d’urgence, un salon de coiffure, des salons de thé, des cafés, des salles associatives, des galeries, des campements, des centres socioculturels ( …), afin de nous adresser à un public le plus large et le plus diversifié possible.

  • Ainsi j’ai choisi avec l’auteur, six contes courts, dont la poésie permet de voyager à la manière « des gens du voyage »

Il m’a semblé d’emblée nécessaire d’enrichir le spectacle de témoignages de cette population, ainsi que de musique et de danse.

  • En m’engageant dans ce projet, je n’ai pas la prétention de retracer l’Histoire de cette population, ni d’expliquer quoi que ce soit de manière didactique, mais je souhaite fortement apporter un témoignage et dire que ces hommes ces femmes ne sont ni meilleurs ni pires que nous.

Le déroulement du spectacle :

  • Un accordéon est posé là, ouvert. On s’attend à ce que quelqu’un l’empoigne et lui fasse sortir ses plus belles mélodies pleines de vie, de rythmes et de mélancolie aussi. L’accordéon reste seul et silencieux.

Une comédienne s’approche, s’interroge : « mais à qui peut bien appartenir cet accordéon ? ». Elle regarde autour d’elle, ne voit personne, sort. Une autre arrive et demande à l’accordéon de chanter, chanter ! Elle se met à danser pour l’inciter. On entend ses pieds frapper le sol en cadence.

  • Le premier conte Le destin de l’accordéon commence.

A la fin du conte, on entend des sons de guitares crescendo, ce sont des musiciens qui entrent et s’assoient tout en jouant. Ils resteront là tout au long du spectacle. Une jeune gitane entre et raconte d’où elle vient (selon les témoignages récoltés), puis une autre histoire commence La petite gitane et la jument.

  • Et ainsi de suite, le spectacle sera une succession de petites histoires, certaines poétiques. Les contes de Maëva Ott sont les suivants : Le Tsigane égaré ,Le Clown qui croisa les Tsiganes, Le Tsigane et le Colibri et La Nuit des Gitans, enrichis d’autres histoires « vraies » (témoignages de la population).

Le tout entrecoupé de musique, de danse et de chant pour une durée approximative de 45 minutes à 1 heure.

  • Pour finir, ce spectacle est conçu de manière à être transportable « sur toutes les routes », la scénographie est constituée d’objets qui sont manipulés, les costumes d’une tenue noire pour tous avec quelques foulards de couleurs et une jupe de danse tsigane et l’atmosphère sera créée en direct par les trois musiciens qui composent une musique originale à consonance manouche pour l’occasion.

Pourquoi des costumes noirs ? Symboliquement, le noir est l’anti-couleur du blanc, c’est la limite entre les couleurs chaudes et les couleurs froides. Il est le plus souvent entendu sous son aspect négatif. Chez nous, en Occident, il est la couleur du deuil mais en Egypte ancienne, il est le symbole de la fécondité et en Afrique du nord, le noir est la couleur de la terre. C’est le noir des eaux profondes celui qui contient un capital de vie latente qui nous intéresse ici. Les acteurs tout de noirs, laisseront percer la lumière sur les histoires auxquelles ils donnent vie. Quand ils seront des personnages de chairs, ils rajouteront un élément de costume permettant de distinguer les personnages les uns des autres mais sans trop chercher à les caractériser.